Bref Historique du Réveil du Rite Français
L'Ordre
Maçonnique, Extraits de l'ouvrage de JEAN Baylot"La voie
substituée"
Propos du Très Illustre Frère Edmond
MAZET, Suprême Commandeur du Grand Chapitre Français

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Nous sommes les héritiers du GRAND CHAPITRE GÉNÉRAL DE FRANCE, constitué le 2 février 1784 par association de 7 Souverains Chapitres de Rose-Croix.
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La première tâche entreprise par le Grand Chapitre Général de France
dès sa création, fut de fixer les Rituels des Hauts Grades dans une
progression en 4 Ordres, complémentaire à celle des 3 Grades symboliques;
chaque Ordre reprenant l'essentiel des Enseignements de chaque famille des
Grades apparus en France entre 1740 et 1760.
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Le Rituel du 1er Ordre fut ainsi adopté dès 1784, dans l'esprit du travail d'investigation et de sélection préalablement développé par la Chambre des Grades du G.O.F. Ce travail fut achevé en 1786 avec le Rituel du 4me Ordre.
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Ce sont ces Rituels que pratique le G.C.F. et qui nécessitent de la part de
ceux qui souhaitent être reçus dans la juridiction, afin de s'en imprégner
progressivement, une bonne connaissance préalable du Rite Français pratiqué
en Loge bleue dont la fixation par le G.O.F. remonte à la même époque..
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| La première règle que s'était donné le Grand Chapitre Général était de n'affilier à lui que des Chapitres émanant de Loges régulières pourvues de Constitutions du Grand Orient. De même, le GRAND CHAPITRE FRANCAIS (G.C.F.) ne comprend que des Maîtres Maçons, fortement impliqués dans les Loges bleues régulières. Pour cette notion de régularité, nous renvoyons chacun au site de la GRANDE LOGE NATIONALE FRANCAISE (G.L.N.F.) et à un extrait de l'ouvrage de JEAN BAYLOT : "LA VOIE SUBSTITUE." |
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Bref Historique du Réveil du Rite Français
Par le Très Illustre Frère Roger GIRARD
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C'est en 1877, tout le monde le sait, que le Rite Français qui avait été, depuis le XVIIIème siècle le principal rite pratiqué en France, perdit sa régularité, en même temps que l'ensemble de la Maçonnerie française, par suite de l'abandon des principes fondamentaux de l'Ordre. A cette date, la pratique des hauts grades de ce Rite avait déjà cessé, pour d'autres raisons d'ailleurs.
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En 1913, le réveil du Rite Écossais Rectifié faisait renaître en France la Maçonnerie régulière. Bientôt le Rite Émulation, puis en 1965 le Rite Écossais Ancien et Accepté venaient enrichir la GLNF et lui donner cette pluralité des Rites, sans aucune confusion entre eux, qui constitue un trésor inestimable. Bien entendu, les grades postérieurs à la Maîtrise s'établissaient en même temps avec leurs propres organismes.
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| La logique paradoxale des Réveils avait voulu que le Rite français ne fût pas encore pratiqué régulièrement alors qu'il avait été si important autrefois. |
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| A la même époque, un groupe de Maçons irréguliers travaillait à
retrouver le contenu traditionnel du Rite Français. En janvier 1978 plusieurs
d'entre eux, dont nous-mêmes, se rendant compte de ce qu'il n'y avait pas de
tradition solide en dehors de la Régularité, sollicitèrent du T.R.G.M.
Derozière leur entrée à la GLNF en faisant part de leur intention d'y
pratiquer leur Rite. Le grand Maître accéda très volontiers à leur demande
et les fit régulariser dans sa propre loge-mère, Persévérance 27, le 15 juin
1979, ces Frères voyaient consacrer leur Loge sous le titre distinctif des
Anciens Devoirs et le N°238. Le Rite Français avait ainsi rejoint à son tour
la régularité. En même temps naissait la loge Saint Jean Chrysostome N°239
et, quelques jours après, la RL Au Louis d'Argent adoptait elle aussi le même
rite.
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Dans les dix années qui suivirent, une quarantaine de loges du Rite Français virent ainsi le jour dans différentes provinces, témoignage de l'intérêt des Frères et de la sollicitude que les autorités de la GLNF n'ont cessé, tout au long de La Grande Maîtrise du si regretté Grand Maître Jean Mons, de témoigner à l'œuvre entreprise. Dès l'origine il était admis que ce réveil serait suivi de celui des hauts grades correspondants comme cela s'était fait précédemment pour les autres rites. On parlait alors du délai d'un an. Les années, pourtant, passèrent et rien ne se fit. Pour quelles raisons ?
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Tout d'abord la difficulté de la tâche. Les hauts grades du Rite Français avaient disparu dans la plupart des pays et notamment dans toute l'Europe, parfois à des dates très récentes.
Le fait ensuite que les Frères éminents de la GLNF qui avaient chaleureusement accueilli et encouragé le réveil du Rite étaient pour la plupart absorbés par de multiples tâches au service de l'Obédience.
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Nous osons à peine évoquer une troisième raison tellement elle nous apparaît dénuée de tout fondement : la crainte de mécontenter d'autres Puissances de hauts grades. L'exemple de la GLNF où, pendant que naissaient quarante Loges du Rite Français, il s'en créait près de trois cents dans les autres Rites est là pour montrer que la prospérité de la Maçonnerie régulière est indivisible, qu'elle se nourrit de tous ses dynamismes et que la pluralité des rites est une force décisive pour tous et pour chacun. D'ailleurs, dans un pays où, à côté de 12000 maçons réguliers il existe 60000 irréguliers, sans compter 56 millions de simples citoyens, il y a pour tous un travail immense à accomplir.
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Enfin, nous confessons que nous-mêmes, accaparés par diverses tâches maçonniques, avons eu le tort de ne pas insister suffisamment pour que le Réveil fût mené à son terme. La situation était donc de plus en plus anormale.
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En décembre 1981, nous eûmes définitivement la conviction qu'il fallait agir, que la GLNF ne le ferait pas à notre place puisque ce n'était pas son rôle, mais qu'elle ne verrait pas d'inconvénient à des démarches inscrites dans le droit fil de ses décisions de 1978-1979.
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Nous avions appris que les hauts grades du Rite Français ne survivaient plus que dans un seul pays : le Brésil. Vaste et noble pays, mais lointain !
Dix-huit mois de démarches, de correspondances postales et téléphoniques, de voyages réciproques vinrent à bout de toutes les difficultés.
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L'accueil des Frères brésiliens fut on ne peut plus chaleureux. Ils comprirent parfaitement notre demande, ce qui ne les empêcha pas, bien au contraire, de s'acquitter scrupuleusement de toutes les opérations, formalités et vérifications indispensables. Et c'est ainsi que, le 7 août 1989, le Grand Chapitre, Suprême Conseil du Rite Moderne pour le Brésil nous délivrait une patente de constitution qui comblait nos vœux au-delà de toute espérance. Elle nous investissait des pouvoirs les plus étendus pour établir, développer et diriger la pratique de nos grades sur tout le territoire de la République française et même en pays étranger si nécessaire. Et nos Illustres Frères ajoutaient qu'ils étaient heureux de renvoyer aux Frères Français la régularité que ceux-ci leur avaient donnée en 1822, établissant ainsi la parfaite continuité entre notre Grand Chapitre Français et son prédécesseur, le Grand Chapitre général de France fondée le 2 février 1784 à l'initiative de Roèttiers de Montaleau et officiellement reconnu en 1787 par les plus hautes autorités maçonniques françaises comme l'organisme directeur des hauts grades du Rite Français, ceci à la date du 7 août, soit 202 ans jour pour jour avant la délivrance de notre actuelle patente.
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Nous avons travaillé depuis de longues années à retrouver la pureté du Rite Français. Nous avons été présents et acteurs lors du Réveil du 15 juin 1979. Maintes autorités de la GLNF ont bien voulu nous dire, à de nombreuses reprises, que notre Loge des Anciens Devoirs était la Loge-phare du Rite Français. En même temps, nous servions activement et avec discipline la GLNF dans les différentes tâches qu'elle voulait bien nous confier. Enfin, dans le réveil des hauts grades, nous avons été, selon l'expression juridique, "la partie la plus diligente". C'est pourquoi nous ne nous jugeons pas trop mal qualifiés pour accomplir la mission qui nous revient désormais en tant que membres fondateurs du Grand Chapitre Français.
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Pour ma part, étant le plus ancien dans tous les grades du Rite Français, Vénérable fondateur des Anciens Devoirs, Grand officier actif de la GLNF depuis 1982, je pense pouvoir remplir ma tâche de Suprême Commandeur avec l'aide de mes Frères, membres fondateurs du Grand Chapitre dont tout le monde, à la GLNF, connaît la compétence, le dévouement et la modestie. Avec l'aide surtout, et la bénédiction, du Grand Architecte de l'Univers qui est Dieu.
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Pour le Grand Chapitre Français Roger Girard |

Extraits de l'ouvrage de JEAN BAYLOT "La voie substituée"
Pour déceler l'emprunt, ou le plagiat, il faut préalablement s'entendre sur ce qu'est véritablement l'Ordre Maçonnique.
Ou bien il est tenu pour une association banale née comme à l'ordinaire de la volonté de personnes isolées ou groupées, qui détermine son action sur délibérations de ses membres. Ceux-ci ont pu convenir d'un but initial. La conduite évolue ensuite au gré des dirigeants, sous l'influence de la vie, de l'opportunité ou de la mode. La majorité ne se borne pas à administrer. Elle donne l'impulsion, décide des fins…
Or, la Franc-Maçonnerie n'est pas une association mais un Ordre. La tradition - plus que le statut de droit, lequel n'est pas distinct- confère comme un prestige à la notion d'ordre, au moins en France. Elle acquiert un caractère quasi sacramentel de fixité, de rigidité. On adhère à une association. On entre dans un Ordre. Dans une association, ou un syndicat- car si les législations sont spécialisées la trame juridique est comparable- on signe un bulletin d'adhésion à des buts et à un règlement, l'ensemble n'ayant pas le caractère d'un engagement personnel total. On fait partie d'un Ordre après avoir prêté serment. La distinction n'est pas dans l'apparat mais dans la nature profonde, solennelle et irrévocable de cet engagement…
C'est donc en toute légitimité que la Grande Loge d'Angleterre a défini le système dit des Landmarks, de "bornes" qui circonscrivent l'aire précise dans laquelle la Franc-Maçonnerie se meut. Hors de ces limites, elle est dénaturée. Par voie de conséquence, le premier des landmarks, corollaire des autres, édicte qu'aucune autorité ne peut les modifier…
Ses membres délibèrent à l'ordinaire et librement des affaires de l'association, choix des chefs par élection, du Grand Maître lui-même. Il décide de l'administration, de ses règles, de ses charges, avec la même liberté que les membres d'une association de type courant. Mais il ne peuvent ni modifier l'objet de l'association, ni la soustraire à son climat spirituel, ni y implanter des préoccupations étrangères. Les landmarks sont indestructibles, dans leur énoncé comme dans leurs effets. Par voie de conséquence tous les enseignements maçonniques internes, toutes les règles ont un double caractère : suggérer une application individuelle, concernant chaque ouvrier, procédant de l'oeuvre évoquée- les édifices religieux de la période gothique- donc d'un climat de plénitude spirituelle.
Par cette source, l'Ordre Maçonnique ne peut avoir pour fin, de nos jours, que d'offrir à ses membres des moyens de formation personnelle, par une voie de spiritualité. Cette mission est eschatologique…
Rien ne lui est plus étranger que l'exhortation, l'homélie didactique, la formulation répertoriée et surtout le mot d'ordre. Toute attitude de groupes lui est contraire, car elle suppose aliénation et dépendances des composants. Par définition l'Ordre ne totalise pas des volitions, ne prescrit pas de démarches d'ensemble, n'élabore pas de synthèse. Il épanouit et libère au lieu d'associer, donc de contraindre. Nous sommes sur le plan de la personne. Il ne s'agit, ni de l'homme qui en est la forme non élaborée, ni du citoyen qui n'en constitue qu'un aspect spécialisé. C'est l'homme total, corps et âme, dans son être libre et son élan créateur autonome…
[La Franc-Maçonnerie] n'est pas détachable de son contenu. Ce contenu n'est pas modifiable. On ne peut parler, s'agissant de lui, de réforme. Tout changement est une altération. On peut tenir la Franc-Maçonnerie pour périmée, inutile, absurde. Alors on la supprime. On ne peut pas l'adapter.

Propos du Très Illustre Frère Edmond Mazet, Suprême Commandeur du Grand Chapitre Français
Le thème de la construction du Temple est certainement le plus frappant dans tout l'enseignement symbolique de la Franc-Maçonnerie. Les Francs-Maçons, en effet, bâtissent ensemble un Temple, et c'est là, cette oeuvre commune à laquelle chacun d'eux est voué à participer.
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La construction de l'Unité Fraternelle et Spirituelle qu'est la Loge est le premier niveau auquel se construit le temple, auquel travaillent tous les maçons, le second niveau étant celui de l'Ordre dans son ensemble, et le troisième celui de l'humanité toute entière, par le rayonnement que les maçons doivent exercer autour d'eux, dans le monde profane.
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Il importe de préciser que ce temple, comme ses modèles, le Temple de Salomon et les cathédrales, est réellement un Temple au Grand Architecte de l'Univers, à la Gloire duquel s'accomplissent tous les travaux de l'Ordre.